
Malacarne est un long monologue, celui d'un petit truand (un « malacarne » en sicilien) de la mafia emporté dans le récit de sa propre vie fait au juge qui est ou pourrait être devant lui, l'interroger ou l'écouter, en tout cas présent dans cette apostrophe récurrente et lancinante : « Monsieur le juge ».
Cette apostrophe marque et ponctue l'élan du flux verbal, de même que la formule anaphorique « nous n'étions plus rien » qui revient en début de chaque chapitre, ou plutôt de chaque remise en route, respiration peut-être, de cette parole qui prend peu à peu des accents épiques.
C'est en effet toute la vie, l'évolution de la mafia contemporaine qui est brassée dans une sorte de fantasmagorie générale avec ses luttes fratricides et ses combats de clans, et c'est la mort qui domine et finalement règne sur cet univers désespéré livré en permanence à sa propre destruction.
Comme dans le roman précédemment publié , Passes noires, l'écriture de Giosuè Calaciura ne cherche pas la minutie du compte-rendu journalistique mais brasse le réel et l'imaginaire, le sordide et le grandiose dans une langue poétique aux accents d'un baroque moderne.
TITRE : Malacarne
AUTEUR : Giosuè Calaciura
TRADUCTEUR : Lise Chapuis
PAYS : Italie
AUTEUR : Giosuè Calaciura
TRADUCTEUR : Lise Chapuis
PAYS : Italie
NOMBRE DE PAGES : 186
PRIX : 21,95 $ / 16 €
ISBN : 978-2-9228-6854-8
DATE DE PARUTION : 2007
PRIX : 21,95 $ / 16 €
ISBN : 978-2-9228-6854-8
DATE DE PARUTION : 2007
EXTRAIT
Les raisons du massacre des nôtres nous parurent si absolument dénuées de sens, la liste de nos assassins nous toucha si intimement que la désillusion sur le monde entier nous ploya les genoux à l’instant même. Nous comprîmes une fois de plus combien est tissée de merde l’âme des hommes, confirmant combien est minuscule et privé d’imagination le ressort de l’avidité qui nous avait presque tous tués, car, monsieur le juge, au fond de ce commerce de mort qui se faisait sur notre propre chair il y avait toujours le pognon, comme s’il n’y en avait pas assez et même de reste pour tous avec cette myriade de commerces légaux et illégaux qui nous garantissaient bien plus que le superflu et qui, au lieu de nous unir dans la magnificence de nos cours milliardaires, nous divisaient et décimaient.
AUTEUR
Giosuè Calaciura est né à Palerme en 1960. Il vit et travaille aujourd’hui à Rome. Il est journaliste et collabore régulièrement avec de nombreux quotidiens et diverses revues. Il écrit également pour le théâtre et la radio. Ses premiers écrits, des nouvelles, ont été publiées dans diverses revues (telles que Il Sole 24 Ore,Lo Straniero, Nuovi Argomenti)… et dans des anthologies d’écrivains méridionaux comme Luna nuova, présentée par Goffredo Fofi et Disertori. Sud : Racconti dalla frontière, présentée par Giovanna de Angelis (Einaudi, 2000). En 2002, Passes noires a été finaliste à l’un des prix littéraires italiens les plus prestigieux, le Campiello.
Les raisons du massacre des nôtres nous parurent si absolument dénuées de sens, la liste de nos assassins nous toucha si intimement que la désillusion sur le monde entier nous ploya les genoux à l’instant même. Nous comprîmes une fois de plus combien est tissée de merde l’âme des hommes, confirmant combien est minuscule et privé d’imagination le ressort de l’avidité qui nous avait presque tous tués, car, monsieur le juge, au fond de ce commerce de mort qui se faisait sur notre propre chair il y avait toujours le pognon, comme s’il n’y en avait pas assez et même de reste pour tous avec cette myriade de commerces légaux et illégaux qui nous garantissaient bien plus que le superflu et qui, au lieu de nous unir dans la magnificence de nos cours milliardaires, nous divisaient et décimaient.
AUTEUR
Giosuè Calaciura est né à Palerme en 1960. Il vit et travaille aujourd’hui à Rome. Il est journaliste et collabore régulièrement avec de nombreux quotidiens et diverses revues. Il écrit également pour le théâtre et la radio. Ses premiers écrits, des nouvelles, ont été publiées dans diverses revues (telles que Il Sole 24 Ore,Lo Straniero, Nuovi Argomenti)… et dans des anthologies d’écrivains méridionaux comme Luna nuova, présentée par Goffredo Fofi et Disertori. Sud : Racconti dalla frontière, présentée par Giovanna de Angelis (Einaudi, 2000). En 2002, Passes noires a été finaliste à l’un des prix littéraires italiens les plus prestigieux, le Campiello.






