
Entre espoir et nostalgie fait écho au précédent roman de Tecia Werbowski, Ich bin Prager, où l’on suivait le destin d’un Anglais vivant à Prague jusqu’à la chute du mur de Berlin.Cette fois, le personnage principal est une femme, Maya Ney, qui vit à Montréal depuis de nombreuses années et revient sans cesse à Prague où elle a passé sa jeunesse.
Son dialogue avec cette ville dont la beauté et les meurtrissures l’ont obsédée, reprend alors, à travers la voix d’êtres affectés par une histoire tourmentée. Pour rendre tangible l’inimaginable existence de ses personnages, Tecia Werbowski nous offre en finale, dans une longue lettre d’un espion en réponse à la lecture de son roman, une explication à « l’affaire Kundera », troublante variation où se mélangent la réalité et l’histoire.
AUTEUR : Tecia Werbowski
TRADUCTEUR : Emile et Nicole Martel
PAYS : Canada
PRIX : 16,95 $ / 14 €
ISBN : 9782923682006
DATE DE PARUTION : 1 Octobre 2009
Un homme qui noie sa peine dans sa bière et qui vous raconte ses malheurs, c’était une autre scène typique de Prague. Dans notre monde occidental, quand deux personnes se rencontrent pour la première fois, elles se comportent un peu comme des petits chiens qui se tournent autour et se reniflent l’un l’autre avant d’établir une relation plus rapprochée.
À Prague, quand deux personnes se rencontrent pour la première fois, elles entreprennent immédiatement une séance de déshabillage émotif. Maya se retrouvait ainsi au coeur des confessions sans réserve de plusieurs personnes. Elle n’était pas prête pour autant à y couper court. Elle faisait tellement de nouvelles rencontres, et écoutait les malheurs de gens qui la touchaient elle, personnellement, puisqu’ils étaient les amis de ses amis ou d’anciennes relations de sa mère.
Bien sûr qu’il y en avait, des gens méchants, au Canada : des vendeurs de drogue, des pédophiles, des violeurs, des mafieux…, mais ce monde interlope se trouvait bien loin d’elle, dans les médias. Ici, à Prague, cependant, elle côtoyait toutes ces victimes.
« Ça suffit », se dit-elle. Elle allait dorénavant continuer de fréquenter les théâtres, les galeries, d’assister à des concerts, mais elle avait aussi une mission à accomplir : trouver un chien pour Clara.
AUTEUR
Tecia Werbowski a écrit neufs romans, des nouvelles et un essai sur le sauvetage des Juifs en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. Née à Lwów, en Pologne, pragoise dans l’âme, elle habite au Canada depuis 1968 et partage son temps entre Montréal et Prague. C’est la découverte de l’oeuvre de Nina Berberova qui a incité Tecia Werbowski à écrire. Exaltée par la lecture de L’accompagnatrice, elle a proposé à Hubert Nyssen d’écrire une biographie de l’écrivain russe, puis, sans attendre la réponse de l’éditeur, elle est partie à la rencontre de Berberova. Autour d’une tasse de thé russe, elle fit la connaissance d’une grande dame qui lui conseilla, entre autres choses, de ne pas trop manger si elle voulait devenir écrivaine. Depuis, en digne héritière de Berberova, Tecia Werbowski compose d’une plume délicate et acérée des romans miniatures qui explorent la mécanique des secrets et des mensonges et qui déclinent, en toile de fond, les nuances de la mystérieuse beauté de Prague et les séquelles des violences qui ont lacéré la région.
EXTRAIT DE PRESSE
Prague est un philtre magique et ces récits, brefs, ressemblent à des notes prolongées en rêverie.
Jean-Pierre Thibaudat | Libération
Tecia Werbowski raconte le chaos de la seconde moitié du XXe siècle, d’une écriture en demi-teintes, sensuelle, précieuse.
Martine Laval | Télérama
Ich bin Prager était dédié à Milan Kundera. Entre espoir et nostalgie est dédié à Roman Polanski. À qui Maya Ney s'imagine raconter, à partir de la reconstitution médiatique des évènements, l'histoire du jeune Kundera aveuglé par l'idéologie. On dirait un film de Polanski, en effet !
Danielle Laurin | Le Devoir






